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Une immense fresque en mémoire de l’émigration Basque

Le Département des Pyrénées Atlantiques a souhaité mettre en place un nouveau dispositif d’art dans l’espace public par l’installation de quinze œuvres essaimées sur l’ensemble de son territoire, avec une attention particulière pour le milieu rural et la montagne. Des œuvres verront aussi le jour en milieu urbain   On peut y relever ainsi les sites de la digue de Socoa à Ciboure, l’Unité Technique Départementale à Saint Etienne de Baïgorry, le collège Pierre Jaureguy à Tardets.

C’est au niveau du rond-point d’Aicirits, à l’entrée de Saint Palais, que le Conseil Départemental rendra hommage aux très nombreux basques qui ont quitté leur terre natale du 16° siècle jusqu’au milieu du 20° siècle. Cette nécessaire et tardive commémoration, véritable devoir de mémoire, se fera au travers d’une immense fresque de 280 mètres carrés visible de tous les points du carrefour.

L’émigration basque vers les Amériques, après les guerres d’indépendance des pays d’Amérique Latine, s’explique bien sûr par les nombreuses difficultés économiques de la société basque de l’époque. Les campagnes sont pauvres, les familles sont nombreuses, la disette fait rage. Les lois très dures de la conscription n’y sont pas non plus étrangères.

Nombreux de nos compatriotes ont aussi participé, bien longtemps avant, aux expéditions de la couronne espagnole lors de la colonisation des Caraïbes, de l’Amérique latine et des Philippines.

Cette fresque s’inscrit donc dans ce cadre historique, en évoquant toute cette diaspora basque vers le continent américain au fil du temps.

Le Département, dans le choix de ces œuvres, a été soucieux d’accompagner les artistes pour qu’ils tiennent compte des enjeux des politiques publiques, de l’intégration des œuvres dans leur environnement, avec la volonté de s’inscrire dans une démarche participative et d’appropriation des acteurs locaux. L’œuvre retenue doit proposer une mise en récit du site investi. Elle doit aussi contribuer à l’attractivité du territoire, donner au plus grand nombre l’accès à l’art et à la création contemporaine.

Ce pari est réussi à Aicirits avec la très belle œuvre de Sophie Camillac,  qui habillera ainsi l’entrée de Saint Palais. Sophie Camillac est licenciée en histoire et diplômée de l’école d’Art d’Avignon. Elle s’est spécialisée comme peintre du patrimoine, s’intéressant plus particulièrement à la restitution des décors anciens et à la création de décors muraux, tant dans le parti pris esthétique que le choix de matériaux naturels, toujours dans le respect des contraintes écologiques et sur la base de techniques traditionnelles. Pour cette fresque, elle a fait le choix de ciments naturels et de la peinture silicate.

Monsieur Jean Jacques Lasserre, Président du Conseil Départemental, inaugurera le site le vendredi 9 Octobre à 17 heures, en présence de Madame Anne Marie Bruthé, conseillère départementale du canton, Madame Chantal Erguy , Maire d’Aicirits , Mr  Gabriel Belleau, Maire de Béhasque et Mr Charles Massondo, Maire de Saint Palais..

La cérémonie se prolongera dans la soirée à l’Espace Bideak à 20H30 par la conférence de Monique Legarto, Présidente de l’Association EUSKAL ARGENTINA, sur l’émigration basque et la diaspora aujourd’hui.  EUSKAL ARGENTINA s’intéresse aux histoires de vie et à la généalogie des familles émigrés en Argentine et dans les autres pays de l’émigration. Elle aide les familles de la diaspora à retrouver leurs origines au pays basque. L’association organise aussi tous les deux ans un voyage vers l’Argentine, le Chili et l’Uruguay pour ses membres et tous ceux qui sont intéressés par cette histoire collective, souvent difficile et douloureuse pour beaucoup de familles.  Monique Legarto travaille actuellement à l’analyse sociologique de 22 OOO inscriptions de nos compatriotes de tout le pays basque aux consulats de France en Argentine et en Uruguay de 1836 à 1910. Elle ne manquera pas d’évoquer cet immense travail de recherche sur les origines de ces émigrés par province, sur leurs professions exercées lors de l’émigration et  sur leurs niveaux scolaire.

Pour les passionnés, il faut aussi rappeler l’existence des carnets d’APHEZA. Ces carnets de deux frères, importants agents de l’émigration de cette époque, ont été retrouvés presque par hasard dans un grenier de Béhasque. Ils ont été répertoriés par Annie Sabarots d’EUSKAL ARGENTINA et mis en ligne sur le site d’EKE. Ils sont un des plus importants témoignages écrits de ces filières d’émigration.  Une pièce rare à voir au Musée de Basse Navarre à Saint Palais !

Une belle journée en perspective faite d’histoire, de culture et d’évocation de notre mémoire collective. A ne pas manquer !

AB